dimanche 5 décembre 2010

Affaire Cantat, deux ou trois derniers détails

Donc, pour poursuivre sur ma chronique de France-Info, ce dimanche. Nous avons tous écrit tant et plus sur l’affaire Cantat et je ne crois pas avoir grand-chose à rajouter à tout cela.
Des explications de textes quant aux chansons de cette chronique ? Bizarrement, elles ont été assez difficiles à obtenir. Axelle Red m’avait dit, quand je l’avais interrogée sur Utopie : « Je ne voulais pas parler de cette affaire spécifiquement, mais je voulais un exemple de crime passionnel – il y aura toujours des couples qui s’aiment et qui se déchirent, au-delà de cette histoire. »
Seul Christian Olivier m’avait dit avec une certaine franchise que le texte lui était venu très naturellement et qu’il avait bien dû admettre, comme après coup, que cela voulait dire quelque chose, comme si son inconscient d’auteur avait parlé en lieu et place de sa conscience de citoyen.

dimanche 28 novembre 2010

Toujours des médicaments

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France-Info, quelques bonus tracks.
Outre le Gardénal chez Serge Gainsbourg, Pierre Perret, Serge Lama, Philippe Chatel, Alain Souchon, Daniel Balavoine et Patricia Kaas, on en trouve chez Enzo Enzo, chez Hubert-Félix Thiéfaine, chez Michel Jonasz – mais il est parfois très discret.
Et évidemment écouter en entier Cresoxipropanédiol en capsule par Ginette Garcin.

samedi 13 novembre 2010

Être ou ne pas être ministre

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France-Info, suscitée par l’ambiance de remaniement et les supputations de postes ministériels qui concernent les uns ou les autres, je dois dire combien je trouve délectable cette chanson de Béranger, À mes amis devenus ministres, qui clôt la séquence et qu’il faut écouter et réécouter dans la version de Germaine Montero. Il y avait eu il y a quelques années des entretiens du Hall de la Chanson sur Béranger, auxquels j’avais participé, notamment au côté de mon camarade Claude Duneton. Et, puisque l’on parle de Béranger, on parle forcément de 1829, le formidable album à lui consacré par Jean-Louis Murat, lors de sa si féconde année 2005.
Par ailleurs, il faudrait aussi réécouter in extenso La Révolution par Léo Ferré en 1969 à Bobino, dont j’ai passé quelques secondes dans la chronique. Un sommet de chanson sur-engagée, qui plonge à pleins bras dans l’actualité immédiate. De la chanson et du chansonnier…

samedi 6 novembre 2010

Moi mon colon, celle que j’préfère…

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France-Info, quelques ajouts sur cette guerre de 14-18 qui stimule tant nos chanteurs. D’abord, deux chansons presque jumelles, Les Lettres de Maxime Le Forestier (1975) et Une lettre oubliée de Juliette (2005, avec la voix déjà curieusement d’outre-tombe de Guillaume Depardieu), à trente ans d’écart et avec une vérité également bouleversante. Ma collection de bromurines est pleine de minuscules instants de vie qui ont ces couleurs-là. Mais, d’ailleurs, le plus grand succès de l’édition française sur la Première Guerre mondiale n’est-il pas Paroles de poilus, ce qui en dit long sur la fascination qu’exerce la parole simple de ces gens que la guerre a brisés – tous, d’une manière ou d’une autre.
Et puis, toujours et toujours et toujours et toujours Louise (1983), chanson bouleversante qui dit à la fois les souffrances des femmes, des domestiques, des gens de rien – et aussi des poilus, encore. Une occasion, au passage, de se souvenir de Gérard Berliner, récemment parti.
Mais peut-être faut-il ajouter au dossier la chanson la plus brillante que je connaisse sur cette période, sur son esprit et sur son âme, sur sa moelle et sur son sang : Jaurès de Jacques Brel (1977). Mieux que des gros volumes de texte, mieux que de longs cours, une photographie saisissante de la brutalité et des contradictions de ce début de siècle. Et il y a une version de cette chanson peut-être plus bouleversante que celle de Brel, enregistrée par Erik Marchand en 2006 sur son album Unu, daou, tri, chtar, œuvre d’une beauté roide et venteuse.

vendredi 5 novembre 2010

« Sans contrefaçon », par Pascal Nègre


Voici que partout on en parle sur les radios, dans la presse, dans la blogosphère et à partir de la semaine prochaine à la télé (superbe planning de promotion, tant le personnage aiguise la curiosité de mes confrères journalistes) : Sans contrefaçon par Pascal Nègre (avec la collaboration de moi, disent les petits caractères sous le titre) est en librairie depuis ce mercredi. Un commentaire ? Eh bien c’est le livre que j’avais envie de lire, dans lequel le plus brillant des patrons de maison de disques soulève le capot et montre tout. J’ai rarement autant appris en travaillant sur un livre, sur les grandes règles et la réflexion à long terme, autant que dans les petits détails pittoresques et les anecdotes pour dîners en ville.

samedi 30 octobre 2010

La Toussaint des chanteurs

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France-Info, juste deux chansons de plus, qui l’une et l’autre me touchent beaucoup. D’abord, Mon enterrement de Béranger, qui a bien cent cinquante ans et qui sonne de manière très actuelle, avec beaucoup de traits très contemporains. L’interprétation d’Arnaud Marzorati, enregistrée il y a deux ans (j’avais beaucoup aimé ce qu’il avait fait sur scène à l’époque), est un peu lyrisante, mais elle ne manque pas de charme.
Et puis le très doux, le très tendre, le très rêveur Paradis des musiciens de Danielle Messia. Je ne pense pas, d’ailleurs, que le fait qu’elle ait si tôt disparu ajoute quelque chose au côté poignant de cette chanson. Mais cela n’empêche pas que, si on ignore tout d’elle, il faut absolument partir à sa découverte.

dimanche 24 octobre 2010

Encore une cigarette…

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France-Info, il faut bien dire que la cigarette a suscité beaucoup de chansons – des pires et des meilleures. Sans compter la pipe et le tabac à chiquer, depuis J’ai du bon tabac. J’en oublie forcément, sans compter les chansons qui, au passage, évoquent la question tabagique.

Aldebert : La Complainte de l'ex-fumeur.
Aldebert : La Dame aux Camel Light
Annie Cordy : Cigarettes whisky et p'tites pépées
Annie Cordy & Bourvil : Café, tabac
Antoine : Un éléphant me regarde
Arabelle : No smoking
Barberousse : Lady Nicotine
Bernard Menez : J'aime pas les filles qui fument
Jane Birkin : Nicotine
Charden : 14 ans les Gauloises
Claude Nougaro : Prisonnier des nuages
Claude Nougaro : Insomnie
David McNeil : Deux mille deux cents cigarettes
David McNeil : Deux mentholées, trois mandolines
Adanowsky : Tuez-vous tuez-vous
Sarclo : British American Tobacco
Dave : La cigarette
Dick Annegarn : Nicotine queen
Dumont : Ta cigarette après l'amour
Eddy Mitchell : Fume cette cigarette
Eddy Mitchell : La première cigarette
Eliane Embrun : Si j'étais une cigarette
Léo Ferré : La Gitane
Léo Ferré : La pipe
Léo Ferré : Quand je fumerai autre chose que des Celtiques
Francis Lalanne : Fumée d'alcool
Serge Gainsbourg : Les cigarillos
Serge Gainsbourg-Catherine Deneuve : Dieu est un fumeur de havanes
Henri Tachan : Tabacs
Hubert-Félix Thiéfaine : 113e cigarette sans dormir
Hugues Aufray : Des femmes et du tabac
Jacques Higelin : Cigarette
Serge Lama : Seul avec ma cigarette
Les Excentriques: Fume, fume, fume
Les Missiles : Fume, fume, fume
Les Négresses Vertes : Les mégots
- M - : Je suis une cigarette
Yves Montand : Le mégot
Gillian Hills : Ma première cigarette
Michel Delpech : J’ai revu la cigarette
Julien Déniel : Je roule
Femmouzes T : T’es dans ma tête et sous ma peau
Femmouzes T : Fumeurs-non fumeurs
Merzhin : La Rue Calumet
Astonvilla: Ma blonde
Pierre Perret : Docteur
Pierre Perret : Mourir du tabac
Pierre Vassiliu : La pipe à papa
Renaud : Arrêter la clope
Henri Salvador : Ma pipe
Sanseverino : La cigarette
Sinclair : Je roule une cigarette
Sylvie Vartan : L’amour c est comme une cigarette
Valérie Lagrange : Trois cigarettes
Yves Simon : Les Gauloises bleues

samedi 9 octobre 2010

Socialisme et idéologies variés

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France-Info, juste une petite anecdote au passage. Maxime Le Forestier raconte que, quand il a fait la première partie de Brassens à Bobino, le public applaudissait invariablement aux mêmes vers dans Hécatombe, quand Brassens chante « Mort aux vaches/Mort aux lois, vive l’anarchie » ; et qu’invariablement il allait boire une gorgée après la chanson et, qu’invariablement, en passant près de Pierre Nicolas, lui disait : « ah les cons, ils ne comprennent rien à l’anarchie ».
Et j’ai souvenir de chansons bien raides sur leur socialisme, leur marxisme, leur révolution, leur vérité. Et parfois d’énigmes au cœur de ces années 70 au cours desquelles j’ai grandi. Pourquoi, chez un Gérard Delahaye si poète dans La Faridondaine (une chanson que m’avait fait écouter mon copain Jacques Garde et qui compte parmi celles qui auraient pu changer ma vie ; je veux dire qu’elle suscitait de belles tentations) ou dans Lucie la paysanne, trouve-t-on une bizarrerie aussi incommodante que Petite chanson pour Baader ?

dimanche 3 octobre 2010

Le moustique pique encore

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France-Info, je n’ai pas beaucoup de regrets cette semaine, à part peut-être Le Moustique de Richard Gotainer, traitement tout à fait idiosyncrasique du thème, et dont je me suis dispensé. Et il faut vraiment écouter tout en entier Moustique de Zao et surtout Les Moustiques par Luis Mariano et Annie Cordy, dont je n’ai passé que des extraits forcément trop courts. Deux chansons denses, bourrées de notations passionnantes pour qui s’intéresse à l’humain sous le texte.

dimanche 26 septembre 2010

Le mensonge, toujours si vrai

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France-Info, il faut évidemment parler de quelques regrets, comme de n’avoir pas pris la chanson de Clarika intitulée Je mens, qui faisait double emploi dans le sens avec Mentir de Maxime Le Forestier :
« Comme je respire, je mens,
Mon élixir, c'est le vent
Pour rien, pour dire, je mens
L'important, c'est mentir vrai
Comme je respire, je mens
Je vais, j'inspire l'air du temps
Pourquoi dire vrai, quand vraiment
La vie se vit mieux semblant »

Mais aussi le beau Je mens chanté par Juliette Gréco en 1953 :
« Je mens
Pour m'étourdir
Effacer dans mes rêves
L'ombre d'un souvenir
Je mens
Face à la vie
Face au monde qui m'ennuie
Face à tout ce qui vit
Pour toi que j'aime éperdument
Pour toi, souvent je mens
Je mens
Je mens »

Mais, des baratineurs de comédie jusqu’aux pieux mensonges de Qu'est-ce que tu voulais que je lui dise de Bénabar ou à La Nuit je mens d'Alain Bashung, ce thème est si vaste…

dimanche 19 septembre 2010

« La Retraite », plus belle que la retraite

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France Info, deux petits regrets-repentirs-choix bien obligés sur deux chansons qui n'y sont pas. D'abord j’aime beaucoup Les Retraités, la chanson de Thierry Stremler, pas follement gaie, il faut bien le dire.
Et plus encore, mais elle n’est pas tout à fait exactement dans le sujet du jour, La Retraite d’Allain Leprest. Texte magnifique, d’un optimisme désespéré, d’une lumière trop belle pour la vie – comme un rêve, mon Dieu ! Je ne suis pas tout à fait sûr que les derniers couplets arrivent souvent dans la vraie vie. Mais quelle beauté que celui-ci :
« T'as beau dire qu'on nous rend le cœur
Une fois vidé du meilleur
Qu'ils ont pris le tronc et la force
Qu'ils ne rapportent que l'écorce
N'empêche c'est déjà moins con
Que soit consigné le flacon
Qu'après le festin on nous laisse
Les arêtes de la vieillesse
Le temps d'finir la cigarette.
La retraite ! »

dimanche 12 septembre 2010

Une bavure chez Mireille

Pour prolonger ma chronique de ce dimanche sur France Info, une petite remarque sur Les Trois Gendarmes, chanté en 1933 par Mireille, qui en avait composé la musique pour le texte de Jean Nohain. Je ne crois pas sur-solliciter le texte en disant qu’il raconte une histoire de ripoux. C’est aussi une chanson de plus qui parle de la violence faite aux femmes.
Les deux premiers gendarmes pillent son panier d’œufs, le troisième déchire sa robe et lui dit « C'est toi que j'gobe/Viens par là, j'vais t'épouser ». Certes, elle finit la chanson en disant qu’elle se marie avec lui, mais la description est néanmoins celle d’un viol. D’ailleurs, lire le texte sans la musique fait plutôt froid dans le dos.
J'ai un vague souvenir d'une autre chanson sur la même trame, mais j'ai un gros trou de mémoire...