mardi 11 janvier 2011

Je suis métis et j’en parle

Ce mercredi 12 janvier paraît un livre qui m’a coûté beaucoup à écrire mais c'est peut-être le plus important, pour moi comme pour les miens.

Il s’intitule Maudits métis et il parle de ma famille (mais pas que de ma famille), de la France et des Antilles (mais pas que de la France et des Antilles) et des grands principes (mais pas que des grands principes). Ce n’est pas un livre particulièrement optimiste. Ce n’est pas un livre qui ne m’apportera que des compliments. Ce n’est pas un livre très politiquement correct, je crois.

Je suis déjà allé, notamment, en parler hier chez Audrey Pulvar sur France Inter. Aujourd’hui, j’en ai parlé chez Bernard Thomasson sur France Info. Demain mercredi, j’en parle chez Tewfik Hakem sur France Culture. Et puis sur d’autres radios, et à la télé, et dans des journaux, et aussi à la Fnac des Halles la semaine prochaine.

D’habitude, je ne parle jamais ici de ma promo. Mais cette fois-ci, ce n’est pas pareil : j’ai franchement l’impression de parler pour d’autres, qui n’ont pas la chance de pouvoir écrire des livres pour dire à quel point cette situation (puisque ce n’est pas une race, un peuple, une ethnie, une maladie, une tribu, un parti, une coterie, un gang ou un complot) est curieuse à vivre – et « curieuse » est un euphémisme.

12 commentaires:

Anonyme a dit…

pas de réponses à mon autre message.:(


je suis moi même métisse et c'est ce qui m'a amené sur ce site

http://www.guessmyrace.com

http://www.guessmyheritage.com

et j'ai remarqué que la plupart des inscrits, donc des gens qui se questionnent sur leur apparence raciale, sont des métisses eux aussi. preuve que ces derniers souffrent en eux mêmes plus que les autres par rapport à cela.

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je rentrais des soldes dans l'après midi et vos mots à France Culture m'ont arrêtée.
Je me suis sentie vaciller dans mes repères (je suis blanche), ouille, mais cela m'a fait du bien d'entendre ce que je n'arrivais pas à me dire, ni peut être même à penser. La fin de l'émission que j'ai entendu hier reste en moi, me bouscule pas mal, merci infiniment. J'ai hâte maintenant de lire votre livre !
Peut être à une autre fois, en attendant merci d'avoir mis les liens pour les autres émissions et bonne continuation à vous.
Chaleureusement, Helene M.

Anonyme a dit…

Vous ai entendu sur Inter ; me suis senti moins seul un moment.
Sujet que je n'ai jamais su expliquer, y compris à mes proches. Je prenais l'image du "cul entre deux chaises" pour expliquer l'inconfort de notre condition, mais un inconfort ça n'est pas un problème vraiment sérieux voyez-vous.
Petite critique : je comprends que vous n'ayez pas su résister à la tentation de "gagner" un point Godwin, mais ça ne sert pas votre propos à mon humble avis.
Quant au qualificatif de "métis", qui n'a aucun sens, laissons les "identitaires" s'en gargariser. Moi je refuse de me désigner ainsi (et pourquoi pas mulâtre ou intermédiaire tant qu'on y est ?).

Anonyme a dit…

Bonjour,
je suis métis un peu comme vous mon père est noir et ma mère blanche. Plus guadeloupéen que français dans la culture, on me prend toujours pour un blanc. Ma vie à été peu ou prou l'opposé de la votre. Je suis en étude de journalisme et je voudrais si possible vous rencontrer pour discuter et faire votre portrait.
Mon mail est michaux-j@hotmail.fr
Merci, à bientôt peut-être.

Anonyme a dit…

Salut Bertrand. Pour mille et une raisons, je vais forcément lire ton bouquin. Amicalement.

Emeric a dit…

Bonjour Bertrand,

J'ai entendu parler de votre livre hier et j'ai commencé à le lire, je ne le lâche pas depuis, j'en suis à la moitié environ.

Je tiens à vous remercier d'exprimer avec autant de justesse ce que vous ressentez. Je vous en remercie car je vis de la même manière ma propre expérience du métissage étant le fils d'une mère antillaise (Guadeloupéenne-Martiniquaise) et d'un père breton et ayant aussi la peau très claire.

Je suis heureux d'avoir découvert votre livre, vous êtes le seul à ma connaissance à aborder le métissage directement. D'autre l'ont fait d'une manière plus indirecte (je pense ici à Richard Powers dans Le temps où nous chantions)

Vous avez le courage et l'audace d'exprimer un sentiment qui est pour moi difficilement exprimable mais qui me définit parfaitement, c'est l'inconfort lié au fait d'être métis.

Je me sens moins seul grâce à vous alors encore merci.


Amitiés,

Emeric

Pierre-Julien Brunet a dit…

Bonjour,
A quelle adresse e-mail peut-on vous écrire plus longuement et pour ne pas vous dire "Merci, je suis métis et je me suis reconnu dans votre livre... ?
Votre livre m'a en effet passionné (même si je ne suis pas métis, le sujet m'a concerné) et j'aimerais vous faire part de quelques remarques.
Cordialement,
PJB

Anonyme a dit…

Merci d'avoir mis des mots sur mon malaise..

Anonyme a dit…

Bonjour,
J'ai lu votre livre il y a plusieurs semaines et il me "travaille" encore. Je le recommande, il est excellent, avec plein de pistes de réflexion, subtil mais facile à lire en même temps.

Merci pour ce petit bijou d'intelligence qui nous laisse un peu déboussolés sans nos petits repères/idées reçues rassurants.

J'ai aussi appris beaucoup de choses grâce à vous notamment sur l'esclavage que je croyais pourtant bien connaître.

Portez-vous bien !

Claire Edey a dit…

Bonjour,

Votre blog ne semble plus être animé depuis quelques temps, mais il me semble être l'endroit adéquat pour vous remercier pour avoir partagé vos réflexions et votre expérience par ce livre. Sa deuxième partie m'a tout particulièrement intéressée.

Néanmoins, c'est une phrase de la première partie qui m'amène à vous écrire : "Je me demande si "ils sont les plus beaux"ne veut pas dire que leur beauté est une consolation" (p.101). En effet, elle m'a rappelé des phrases que j'avais notées il y a plus de 20 ans maintenant, en écoutant une émission sur France Culture alors que je n'avais que 13 ans (La matinée des autres, émission consacrée aux métis, en 1990... j'aimerais beaucoup la retrouver, je ne sais si la maison de la radio dispose de cette archive ou s'il faut s'adresse à l'inathèque ?).
Cette émission commençait par le témoignage d’une métisse franco-vietnammienne qui citait ce que lui disait sa grand-mère : « tu es un alliage. Ni or ni argent. Ta vie sera difficile. Mais celui qui recherche a rareté sera heureux de te trouver.». J’ai noté cette phrase dans mon agenda et je me souviens encore aujourd'hui de la voix de la femme qui la prononçait et de ce qu’elle disait avoir ressenti, qu’elle se disait que sa grand-mère l’aimait mais lui signifiait par là aussi qu’elle était autre, et que sa vie serait faite de difficultés. Et le commentateur, une femme si je me souviens bien, ajouta « nous n’aurons jamais la poignante beauté des métis ».

Vous connaissez vraisemblablement l'émission En sol majeur de Yasmine Chouaki sur RFI... L'entretien avec Gaël Faye, rediffusé récemment (http://www.rfi.fr/emission/20130818-1-gael-faye-rediffusion), au-delà de sa chanson consacrée à ce thème, me semble être riche de résonance avec "Maudits Métis".

Bien cordialement.


Claire Edey a dit…

Complément : j'ai découvert récemment que la phrase de la commentatrice de l'émission que j'ai mentionnée dans mon précédent commentaire est en fait une citation (« Nous n'aurons jamais la poignante beauté des métis. Nous, Français, sommes nés aveugles dans le monde clos d'un pays sans rencontres, sans métissages. », Guy Hocquenghem, La beauté du métis : réflexions d'un francophobe, 1979)

Elise a dit…

Un texte fort et touchant, juste et qui ne fait pas de cadeau. ( Et on peut quand même mettre une majuscule à Métis, non ?