samedi 30 janvier 2010

Die Antwoord, sommet white trash

Le meilleur groupe white trash au monde vient de l'univers zef. Dans le zef, sous-culture afrikaaner de banlieues miteuses, on retrouve l’esprit qui souffle peut-être autant dans les trailer parks d’où sortent Eminem, Lynndie England et ma bien-aimée Candye Kane que dans nos banlieues de pavillons où prospèrent Orelsan ou Soldat Louis. Je suis tombé l’autre jour sur Die Antwoord, trio rap du Cap (Kaapstad, en l’occurrence). Incroyable mauvais genre ethno-punkette givrée de Yo-Landi Vi$$er, tatouages de reprise de justice (ou de légionnaire au gnouf) de Ninja, beats crades du DJ Hi-Tek (et sa tronche, mon Dieu !). On croise le pire et le meilleur, l’explosion électro-punk en afrikans et le refrain techno-pop, le cliché gangsta US et des clashes sonores qui ne doivent exister qu’au Cap. Deux vidéos. Zef Side, leur single, sur un EPK avec interview et des images de reportage qui éclairent sur le contexte. Et puis leur tube Doos dronk dans un contexte white trash européen assez impressionnant. J’adore.
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mardi 26 janvier 2010

Fool’s Gold : l’überworld est là

Le boulot nous amène à de drôles de rencontres. Depuis deux jours, je ne lâche pas, alternativement, l’album de Fool’s Gold sur Spotify et leurs vidéos sur leur Myspace. Il fallait trouver l’idée : emmêler highlife, soukouss, afrobeat, beat éthiopien, mbalax, musiques maliennes et quelques échos moyen-orientaux, tout ça à Los Angeles avec des musiciens (tous blancs ou à peine bistres) venus essentiellement du rock. Comme les deux fondateurs, Lewis Pesacov (qui a travaillé avec Konono n°1 et Vieux Farka Touré) et Luke Top, sont israéliens, la plupart des chansons sont en hébreu, ce qui ne manque pas d’un certain sel.
Mieux que la world, une sorte d’überworld dans lequel le monde se met volontiers à l’envers, dans lequel les emprunts et les ascendances se dessinent absolument sans complexe. On avait entendu chez nous
l’Éthiopie bretonne de Badume’s Band, et j’aime bien l’idée de ces Américains jouant cette musique africaine notamment parce qu’elle va bien avec la chaleur et le désert californiens.
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mercredi 20 janvier 2010

Quelques proverbes

Après la pluie, le beau temps, Patrice et Mario (photo), 1948
Le travail c’est la santé, Henri Salvador, 1965
Quand faut y aller, faut y aller, Henri Salvador, 1966
Jamais deux sans trois, Pierre Bachelet, 1976
Mieux vaut tard que jamais, Admirall, 1999
L'important c'est de participer, Bertrand Betsch, 2005
Pas de bras, pas de chocolat, Bertrand Betsch, 2005

En revanche, Dans la vie faut pas s'en faire par Maurice Chevalier n'est pas inspiré d'un proverbe. C'est le succès la chanson qui a suscité l'emploi proverbial de son refrain.

lundi 18 janvier 2010

Twin Twin : les années 80 en mieux

L'autre jour, ma joyeuse camarade Marie Audigier présentait au Lavoir Moderne Parisien les artistes de structure ODJ Music. Cascadeur, que l'on a pas mal l'occasion de croiser ces temps-ci, et Twin Twin. Mon Dieu ! Le time warp ! J'ai été ravi sur le coup et je ne suis toujours pas redescendu. Je retourne régulièrement à leur Myspace qui me réjouit raiment.
Le pitch ? Les années 80 comme on aurait aimé qu'elles soient. Quelque chose de joyeux, sans que pour autant les textes expriment l'inconscience si bien portée à l'époque. Des rythmiques survoltées qui ne cherchent pas l'hypnose. Des textures low tech qui expriment une vraie allégresse et pas le spleen vaguement mancunien de la première new wave. Des titres comme Vive la vie sont brillants, surtout sur scène. Et j’ai trouvé
une version en vidéo qui fait un peu penser à la préhistoire de Bérurier Noir, avec moins de colle à rustine et moins d’auto-apitoiement. Les titres du Myspace ont encore un peu trop de sérieux slam-rap mais, en concert, ils entrent dans une ébullition particulièrement généreuse. Cela faisait une certaine lurette que je n’étais pas amusé autant à un concert de nouvel artiste.

jeudi 14 janvier 2010

Merde in Dutronc

Hier au Zénith pour le concert de Jacques Dutronc. Que des tubes. Et j’ai encore bien ri – si on appelle ça rire – avec Merde in France, à la fin du set. Chanson en yaourt, c’est entendu. Mais avec des paroles, des vraies. Au début :
« Hey la fauchonne conne d'you, mouloud
Lavabo trottoir Mouloudji
Merde in France »

J’aime le sens de tout cela : « Lavabo trottoir Mouloudji merde in France ». Évidemment, ça ne veut rien dire. « Lavabo trottoir Mouloudji merde in France », ça ne signifie rien, c’est du yaourt. C’est ce qu’il a dit quand c’est sorti, en 1984. Ça ne veut rien dire.
Mais, déjà, en 1992 au Casino de Paris, il y avait un changement. Il a commencé à chanter « Lavabo trottoir mouloud merde in France ». Et encore, « mouloud », ce n’est pas tout à fait ça. C’est plutôt « mmoulud » sur un timbre sourd, avec un petit dièse et une note plus longue pour compenser la disparition d’une syllabe. Et c’est à chaque fois comme ça. Exactement les mêmes mots, les mêmes notes, les mêmes tout. On va finir par croire que « Lavabo trottoir Mouloudji merde in France », ça voulait dire quelque chose, puisqu’on ne le chante plus.
Cela dit, le concert est très bien.

mardi 12 janvier 2010

Des anges...

Dors mon petit ange, Henri Salvador, 1951
Trois anges sont venus sur la terre, Armand Mestral, 1953
Johnny tu n’es pas un ange, Édith Piaf, 1953
Avec les anges, Zizi Jeanmaire, 1957
Que je sois un ange, Nana Mouskouri, 1974
Le Parking des anges, Marc Lavoine, 1985
Voilà les anges, Gamine, 1988
Tous des anges, Zazie, 1998
Mon ange, Nathalie Cardone, 1999
Ange étrange, David Hallyday, 2000
Je ne suis pas un ange, What For, 2002
Le Saut de l’ange, Emma Daumas, 2003
Sous l’œil de l’ange, K-Maro, 2004
Un ange frappe à ma porte, Natasha St-Pier, 2005
Un ange à ma table, Indochine, 2009

dimanche 10 janvier 2010

Mano Solo, au bout de quinze ans

On a beau savoir que ça va arriver, à lui plus qu’à un autre, on est forcément un peu surpris, surtout une semaine après Lhasa – même si ça n’a rien à voir. Donc, Mano Solo est mort et je n’ai rien à retrancher à tout ce que j’ai écrit sur lui, malgré qu’il m’eut traité de con dans un canard pour lequel je travaillais (trop aimable, le red chef, d’ailleurs). Toujours le même saisissement, la même admiration, le même agacement. Les paroles qui ne laissaient place à aucun confort, même à celui des fans. Le regard toujours hérissé de hargne et d’impatience – une impatience qui s’incarnait dans son chien, survolté et jamais entravé par une laisse. Les camaraderies avec des gens qui me sont chers, comme évidemment les Têtes Raides.
Dimanche soir, j’ai parlé sur Inter et sur RFI, j’ai écrit ma nécro pour rfimusique.com et j’ai finalement plus parlé beaucoup venu sur cette sorte de malchance générationnelle dont il souffrait : la génération de son père avait inventé toutes les libertés et le couvercle lui est retombé sur la gueule. Et il était encore trop jeune pour inventer le punk et l’alternatif…
La dernière fois que nous nous étions rencontrés, en 2003, il m’avait dit une très belle chose, qui me parait être le meilleur résumé de son histoire : « Il y a quinze ans, je trainais torché dans le quartier des Halles, avec ma guitare, et personne ne me regardait. Maintenant, les gens me disent dans la rue : « Mano c’est super ce que tu fais ». Mais après, ils n’ont plus rien à dire et moi non plus. »

vendredi 8 janvier 2010

Speech Debelle, évidemment

Depuis quelques jours, je reviens et reviens encore comme un maniaque à l’album de Speech Debelle, Speech Therapy. Quelque chose de The Streets évidemment, dans l’accent, la scansion, la manière de synthétiser sociologie et petits événements personnels. Évidemment Tracy Chapman, aussi, ou Minnie Riperton, dans le mélange de fragilité juvénile et d’aplomb un peu crâne. Et une façon très singulière de réintroduire le folk et même le lounge dans les couleurs de sa musique. Comment ne pas considérer son Buddy Love comme un classique immédiat ? Rap doux, soul, jazz, pop, sentiment, vie...
Ce n’est pas seulement un avatar nouveau de l’aventure hors norme du hip hop anglais, mais quelqu’un que l’on est sûr de fréquenter encore quand on aura oublié son Mercury Prize. Important.

jeudi 7 janvier 2010

Johnny Hallyday, notre Babel

Hier soir, j’étais dans l’émission de Guillaume Durand, « L’Objet du scandale », pour un débat (très agréable, au demeurant) autour de Johnny. Est-ce qu’on peut débattre de Johnny ? Ce n’est pas la première fois que je participe à l’exercice (il y avait Véronique Mortaigne qui vient de sortir Johnny le roi caché, Hugues Aufray, Tony Franck, Guy Carlier, Jacques Séguéla) et je suis toujours surpris par la manière dont les désaccords sont plutôt des désaccords ordinaux ou relatifs – il est plus Maurice Chevalier qu’Elvis Presley ou plus Elvis que Momo ; il est plus consensus que rébellion, ou plus rébellion que consensus ; et ainsi de suite…
Sur l’essentiel, tout est acquis, tout est dit, tout est répété. Et il est difficile même d’aborder en profondeur la saturation de l’espace entier par Johnny, l’obsessionnelle intérêt de notre pays pour Johnny, même quand il ne fait rien et même quand il n’est nulle part. Le plus fascinant de l’histoire n’est pas l’unanimité du propos, mais le brouhaha dans lequel il s’exprime. Tous – intellos, droite, gauche, marginaux, mainstream, babyboomers, trentenaires –, tous sont effarés par sa popularité, sa stature, son omniprésence. Et tous l’expriment avec leurs mots, leur sensibilité, leur univers, leur rhétorique. Il en résulte un singulier brouhaha où se croisent non des discours contraires ou même différents, mais mille fois le même discours, diffracté, répercuté, nuancé, individualisé à l’infini. Comme si, en débattant de Johnny, chacun brandissait sa propre identité. Au fond, d’ailleurs, cela ressemble à ce qui est raconté dans Genèse, XI : « Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. (…) Ils se dirent l’un à l’autre : (…) « Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. » Or, en voulant construire cette tour qui dirait l’unité de tous, c’est l’éparpillement des langues et la dispersion des hommes qui survint. Un débat sur Johnny raconte bien cela : même l’admiration commune ne soude pas les paroles.

mercredi 6 janvier 2010

So tellement en French (et j'en oublie)

Bye Bye Love, Sylvie Vartan, 1962
Wight Is Wight¸ Michel Delpech, 1967
Love Me Please Love Me, Michel Polnareff, 1967
Love Maestro, Please, Sheila, 1969
Mamy Blue, Nicoletta, 1971
Butterfly, Danyel Gérard, 1971
Kiss Me, C. Jérôme, 1972
Melody Man, Sylvie Vartan, 1973
This Melody, Julien Clerc, 1975
Monday Tuesday, Dalida, 1979
Stand The Ghetto, Bernard Lavilliers, 1979
Hold Tight, Jacques Higelin, 1979
It Is Not Because You Are, Renaud, 1980
Love On The Beat, Serge Gainsbourg, 1984
Body Physical, Buzy, 1986
Groove, Baby, Groove, Michel Jonasz, 1992
Shame On U, Ophélie Winter, 1993
Baby Carni Bird, Jean-Louis Murat, 2002
Loser, Merlot, 2008

mardi 5 janvier 2010

Les Francs Garçons, notre meilleur passé

L'autre jour chez Valli, nous discutions de Sting et de son If On A Winter’s Night, que j’ai beaucoup réécouté ces jours-ci – après tout, c’est l’hiver. De façon moins ouvertement didactique que pour Songs from the Labyrinth, consacré aux chansons de Dowland, il manifeste combien les Anglais sont à l’aise avec leur passé et, en creux, combien nous avons, en France, une réticence presque génétique à nous emparer du passé.
Certes, on compile avec bonheur tous nos grands maîtres du passé et la reprise un peu érudite est, dans tous les genres en usage en France, une obligation presque syndicale à tous les concerts. Mais les rares entreprises d’exploration-réappropriation-réinterprétation de notre patrimoine musical sombrent en général dans l’indifférence, comme le sublimissime album D’un siècle à l’autre, qui reprenait en 2007 quelques joyaux de la mélodie française. Et il faut être un cinglé, j’avoue, pour chanter en France la gloire de Richard Thompson et de son 1000 Years of Popular Music dont il a dû se vendre quatorze exemplaires dans les Fnac – dont treize à des anglo-saxons exilés.
Donc voilà : je n’ai pas un amour immodéré pour Sting, The Police et l’écologisme à cheveux courts, mais je dois reconnaitre que je suis jaloux. Alors, nous eûmes bien Malicorne et Marions les roses, Guy Béart et Vive la rose, La Tordue et La Rose et le Réséda (eh oui, mon gars, c’est une liste cohérente aussi pour sa valeur culturo-musicale, pas seulement pour l’horticulture). Mais encore ?
Je ne désespère pas que l’on réévalue un jour les Francs Garçons, qui est un de mes groupes préférés depuis la fin des années 60. Pendant vingt ans, je ne les avais pas réécoutés jusqu’à ce que je rachète, il y a une douzaine d’années, un de leurs 33 tours. Et là, boum badaboum, l’amour fou : toute l’histoire de notre chanson ramassée, des complaintes antimilitaristes du Premier Empire à Quand un soldat de Francis Lemarque, les fantaisies d’ancien régime (La Fille du marché ou le très vénérable Le Roi a fait battre tambour) et Le Petit Oiseau de toutes les couleurs de Gilbert Bécaud. Et tout ça est à la fois trad et avant-garde, Art Ensemble of Chicago et Enfants Terribles, très vocal et très instrumental, très révolutionnaire et très enraciné.
Vu l’état actuel de la maison Sony, je désespère que leur premier album CBS soit un jour réédité, et nous sommes encore loin des cinquante ans qui me permettraient de tout faire partager librement des Francs Garçons sur un site ou un autre. Heureusement, il doit y avoir à l’Ina un frappé dans mon genre. Les quatre seules chansons interprétées à la télé par les Francs Garçons sont disponibles au téléchargement (ce que vous aviez compris si vous aviez suivi les liens ci-dessus, mais les titres donnés par l'Ina sont en général fautifs). Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis prêt à rembourser les déçus – je suis Auvergnat, aussi – mais le cœur y est...

lundi 4 janvier 2010

Lhasa De Sela, 1972-2010

Elle chantait, elle écrivait, elle était parfois artiste de cirque, parfois plasticienne… Elle faisait beaucoup de choses et elle disait : « Ça ne complique pas la vie d’avoir deux bras. C’est très naturel. Je suis entière comme ça. »
Il y a quelques années, je l’avais interviewée et cela avait été un très beau moment. Une sorte d’aristocrate de la bohème, d’artiste absolue animée d’autant de force que d’inquiétude, de sérénité que d’attention aux cahots de la route. Une femme en dehors de toute norme, si romanesque qu’elle ne semblait pas toujours appartenir à la commune humanité.
Elle disait, notamment :
« Il y a beaucoup de choses que je déteste. Je déteste surtout la musique qui n’a pas d’âme. La musique faite par des machines peut être très belle. C’est une pensée de machine que je n’aime pas. »
« Je ne m’imagine pas avoir pris une autre route. J’ai commencé à chanter devant les gens quand j’avais treize ans et j’ai tout de suite senti que c’était ce que je voulais faire. Or la vie n’est pas absolument pas comme ça : on ne va pas du point a au point b. Mais je vois, maintenant, que les pas que je faisais allaient toujours plus vers la musique que vers autre chose. »
« Même des artistes que j’aime beaucoup m’ont dit qu’ils avaient le regret de n’être pas allés jusqu’au bout dans leur propre musique, de ne pas s’être fait confiance jusqu’au bout. Je trouve plus difficile de ne pas aller jusqu’au bout. »
« Vous voyez les poussettes de supermarché qui ont une roue qui vous attire vers le côté ? La vie c’est pareil. Il y a une roue tordue et il faut toujours compenser. La roue tordue, c’est la peur. »
« Je suis de tendance triste et de nature gaie. »
Lhasa De Sela est partie le 1er janvier. Elle n’avait pas trente-sept ans depuis bien longtemps.

samedi 2 janvier 2010

Bloguer, ne pas bloguer, bloguer...

Pourquoi tenir un blog ?
Pendant un bon bout de temps, parce que j’avais beaucoup de choses à dire et de moins en moins de place pour le dire, parce que dans la presse généraliste comme dans la presse spécialisée on se soucie de plus en plus d’une certaine efficacité et on émonde toujours plus les menus, parce que ce dont je parle avec le plus de passion à table avec les copains est souvent ce qui intéresse le moins un rédacteur en chef.
Et puis aussi parce que, dans des journées de journaliste de la presse quotidienne, il y a énormément de temps morts, énormément de temps perdu, énormément de temps vide – même quand on écrit deux cents papiers par an. Alors Pas plus haut que le bord a eu cette fonction curieuse d’être à la fois le produit dérivé de mon activité principale et le dérivatif de mon activité principale.

Pourquoi ne pas tenir un blog ?
Quelques semaines après avoir quitté Le Figaro, j’ai arrêté d’alimenter régulièrement ce blog pour des raisons symétriques à celles qui me l’avaient fait ouvrir : j’écris trois livres en même temps, je fais plein de radio, je travaille sur des documentaires, j’ai toujours deux ou trois piges sur le feu et je mène quelques belles aventures de mercenaire de la plume. Alors, le blog…

Pourquoi tenir un blog ?
Il y a toujours autant de choses qui restent dans les coins, autant de choses qui ne passionnent que moi et les gens que j’aime (ce qui, l’expérience le prouve, est d’une portée plus lointaine que les parages de mon nombril) et puis la curieuse manière dont, de lieu en lieu, d’idée en d’idée, de projet en projet, de rencontre en rencontre, de domaine en domaine, le fil reste tendu. Eh oui, l’intérêt pour les bas-côtés de l’autoroute, pour les sentiers perdus, pour les impasses oubliées, pour les lieux aberrants comme pour les places publiques, une sorte de constante absolue dans tout ce que je fais – et je fais pas mal de choses différentes !
Et aussi parce que la plupart de mes copains ignorent les trois quarts de ce que je fais et que je n’ai pas envie d’être sur Facebook pour les tenir au courant (en fait, c’est plus compliqué ; je suis sur Facebook avec un pseudo pour aller regarder les amis Facebook de mes amis dans la vraie vie ; c’est con-con, j’en conviens, mais ça me suffit ; et, au passage, bip up à Marion B. dont l’argumentation m’a fait douter, ce qui est la performance rhétorique de l’année 2009).
Et aussi parce que, entre les livres, entre les piges, entre l’écriture mercenaire, entre la radio et la télé, entre ma famille (j’ai une carte -40% SNCF, quand même) et mon amour, il reste parfois un petit moment pour bloguer, et qui sont mieux utilisées qu’à jouer au casse-brique sur mon Blackberry (j’ai dépassé les 10000 au score, et je ne sais pas vraiment si c’est un score minable ou si je peux me la péter ; c’est dire à quel point je perds mon temps avec ça).
Mais ça n’a rien à voir avec le début d’une nouvelle année. Promis.