Je suis métis et j’en parle
Ce mercredi 12 janvier paraît un livre qui m’a coûté beaucoup à écrire mais c'est peut-être le plus important, pour moi comme pour les miens.
Il s’intitule Maudits métis et il parle de ma famille (mais pas que de ma famille), de la France et des Antilles (mais pas que de la France et des Antilles) et des grands principes (mais pas que des grands principes). Ce n’est pas un livre particulièrement optimiste. Ce n’est pas un livre qui ne m’apportera que des compliments. Ce n’est pas un livre très politiquement correct, je crois.
Je suis déjà allé, notamment, en parler hier chez Audrey Pulvar sur France Inter. Aujourd’hui, j’en ai parlé chez Bernard Thomasson sur France Info. Demain mercredi, j’en parle chez Tewfik Hakem sur France Culture. Et puis sur d’autres radios, et à la télé, et dans des journaux, et aussi à la Fnac des Halles la semaine prochaine.
D’habitude, je ne parle jamais ici de ma promo. Mais cette fois-ci, ce n’est pas pareil : j’ai franchement l’impression de parler pour d’autres, qui n’ont pas la chance de pouvoir écrire des livres pour dire à quel point cette situation (puisque ce n’est pas une race, un peuple, une ethnie, une maladie, une tribu, un parti, une coterie, un gang ou un complot) est curieuse à vivre – et « curieuse » est un euphémisme.
9 commentaires:
pas de réponses à mon autre message.:(
je suis moi même métisse et c'est ce qui m'a amené sur ce site
http://www.guessmyrace.com
http://www.guessmyheritage.com
et j'ai remarqué que la plupart des inscrits, donc des gens qui se questionnent sur leur apparence raciale, sont des métisses eux aussi. preuve que ces derniers souffrent en eux mêmes plus que les autres par rapport à cela.
Bonjour,
Je rentrais des soldes dans l'après midi et vos mots à France Culture m'ont arrêtée.
Je me suis sentie vaciller dans mes repères (je suis blanche), ouille, mais cela m'a fait du bien d'entendre ce que je n'arrivais pas à me dire, ni peut être même à penser. La fin de l'émission que j'ai entendu hier reste en moi, me bouscule pas mal, merci infiniment. J'ai hâte maintenant de lire votre livre !
Peut être à une autre fois, en attendant merci d'avoir mis les liens pour les autres émissions et bonne continuation à vous.
Chaleureusement, Helene M.
Vous ai entendu sur Inter ; me suis senti moins seul un moment.
Sujet que je n'ai jamais su expliquer, y compris à mes proches. Je prenais l'image du "cul entre deux chaises" pour expliquer l'inconfort de notre condition, mais un inconfort ça n'est pas un problème vraiment sérieux voyez-vous.
Petite critique : je comprends que vous n'ayez pas su résister à la tentation de "gagner" un point Godwin, mais ça ne sert pas votre propos à mon humble avis.
Quant au qualificatif de "métis", qui n'a aucun sens, laissons les "identitaires" s'en gargariser. Moi je refuse de me désigner ainsi (et pourquoi pas mulâtre ou intermédiaire tant qu'on y est ?).
Bonjour,
je suis métis un peu comme vous mon père est noir et ma mère blanche. Plus guadeloupéen que français dans la culture, on me prend toujours pour un blanc. Ma vie à été peu ou prou l'opposé de la votre. Je suis en étude de journalisme et je voudrais si possible vous rencontrer pour discuter et faire votre portrait.
Mon mail est michaux-j@hotmail.fr
Merci, à bientôt peut-être.
Salut Bertrand. Pour mille et une raisons, je vais forcément lire ton bouquin. Amicalement.
Bonjour Bertrand,
J'ai entendu parler de votre livre hier et j'ai commencé à le lire, je ne le lâche pas depuis, j'en suis à la moitié environ.
Je tiens à vous remercier d'exprimer avec autant de justesse ce que vous ressentez. Je vous en remercie car je vis de la même manière ma propre expérience du métissage étant le fils d'une mère antillaise (Guadeloupéenne-Martiniquaise) et d'un père breton et ayant aussi la peau très claire.
Je suis heureux d'avoir découvert votre livre, vous êtes le seul à ma connaissance à aborder le métissage directement. D'autre l'ont fait d'une manière plus indirecte (je pense ici à Richard Powers dans Le temps où nous chantions)
Vous avez le courage et l'audace d'exprimer un sentiment qui est pour moi difficilement exprimable mais qui me définit parfaitement, c'est l'inconfort lié au fait d'être métis.
Je me sens moins seul grâce à vous alors encore merci.
Amitiés,
Emeric
Bonjour,
A quelle adresse e-mail peut-on vous écrire plus longuement et pour ne pas vous dire "Merci, je suis métis et je me suis reconnu dans votre livre... ?
Votre livre m'a en effet passionné (même si je ne suis pas métis, le sujet m'a concerné) et j'aimerais vous faire part de quelques remarques.
Cordialement,
PJB
Merci d'avoir mis des mots sur mon malaise..
Bonjour,
J'ai lu votre livre il y a plusieurs semaines et il me "travaille" encore. Je le recommande, il est excellent, avec plein de pistes de réflexion, subtil mais facile à lire en même temps.
Merci pour ce petit bijou d'intelligence qui nous laisse un peu déboussolés sans nos petits repères/idées reçues rassurants.
J'ai aussi appris beaucoup de choses grâce à vous notamment sur l'esclavage que je croyais pourtant bien connaître.
Portez-vous bien !
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