lundi 6 octobre 2008

Jean-Louis Murat, le folk et l’élégie

Enfin, Murat en solo. Je vais prendre un son à l’Européen, dimanche soir. Apparat minimal, évidemment. Une table pour les harmonicas, le gobelet et la bouteille. Une douze cordes, quelques pédales.
Il est curieux qu’il y vienne si tard, finalement, après toutes ces tournées dans lesquelles il jouait souvent seul aux rappels. Et si tard après Dominique A, qui s’était imposé l’ordalie du solo pour réinventer une envie, une grâce, une lisibilité.
Il est beau et juste dans cette liberté d’étaler, de détourner, de rétracter, de déployer les chansons. De les interrompre, aussi, quand un spectateur éternue dans le quasi-silence entre deux chansons.
Les chansons sont rhabillées d’espace et de lenteur, ouvrent de grands plans contemplatifs, mais aussi des turbulences nouvelles, comme une intro très énergique et presque égotiste pour Ne pleure pas caillou, ou son insistance pour que le public l’accompagne aux refrains de L’Au-delà. Et des surprises dévoilées, comme les accents maliens dans la guitare et même dans le chant du refrain de Taormina. On découvre que, sous le folk, il y a encore l’autre siècle, plus flagrant que jamais, comme si la houle disciplinée de l’élégie se revanchait encore et toujours sous la forme moderne et instinctive.
Curieusement, tout cela est superbement familier alors qu’assez neuf (son septième concert en solo, me dit la fidèle Marie Audigier), comme si cette révélation du Murat solitaire était seulement arrivée avec retard, avait seulement été différée jusqu'à présent.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Jean-Louis Murat en concert à Bois-Colombes le 20 mars 2009. Renseignement sur www.bois-colombes.fr
Préviens tes fans......!!!!

Anonyme a dit…

Jean-Louis Murat en concert à Bois-Colombes le 20 mars 2009. Renseignement sur www.bois-colombes.fr
Préviens tes fans......!!!!