jeudi 13 septembre 2007

Ringo, anti-Starr ?

Depuis quelques temps, je reçois de réguliers coups de fil d’un lecteur indigné que Le Figaro ne parle pas plus, et plus souvent, et de plus ample manière, de Ringo Starr. Je n’y peux rien : on n’a pas souvent l’occasion.
En réécoutant la compilation Photograph, the Very Best of Ringo, je crois que l’on voit mieux ce qui maintient Ringo dans une ombre persistance. Ses tubes sont souvent des faces B, des chansons anecdotiques, de petites choses qui semblent quêter l’approbation des grands aînés du music-hall. C’est un Anglais enraciné dans le music-hall du dimanche après-midi, qui lui-même a beaucoup lorgné vers les films chantés d’Hollywood. Et il aime les cuivres, les chœurs, des longs ad lib que l’on dévide interminablement. Son idéal serait peut-être Back Off Boogaloo, bien large et chargé, ou l’atmosphère de bal country de Beaucoups of Blues. Et il aime les chansons de bons gars au brave sourire, comme No-No Song ou Act Naturally, déjà enregistré sur Help ! Tout un monde de chansons sans grande ambition et sans grande portée – le dimanche après-midi, toujours –, qui joue toujours sur des sensations de tout premier degré, sur des humeurs loin de l’extase ou de la dépression, sur des lumières de mi-saison.
Evidemment, en parlerait-on s’il n’était pas un des anciens Beatles ? Evidemment, non. Mais on ne peut qu’avoir du mal à l’imaginer autrement, à reconnaître une légitimité à son univers qui ne doive pas tout à ce détail-là.

4 commentaires:

Ron a dit…

* toussote *
Si je peux me permettre, cependant, deux ou trois bonnes chansons sur son album Vertical Man : La De Da (hommage à Doris Day), King of Broken Hearts (très très George Harrison sur ce coup) et, pour écouter une fois, une reprise de Love Me Do (fallait oser).
Pour aller encore un peu plus loin dans la Ring-attitude, allez faire un tour sur le VH1 StoryTellers enregistré à la même période : album très sympa, les titres ci-dessus étant repris en live + plein d'anecdotes hilarantes sur les Beatles, Marc Bolan, la génèse de Back Off Bogaloo...(je file les morceaux sur demande)

sylvain a dit…

"Back Off Bogaloo" qui comme tout le monde aura remarqué sert de matrice au "Take Me Out" d'un groupe anglais ayant récemment cartonné mais dont on entend déjà plus parler... un mal ? un bien ?

Christian a dit…

Ringo, c'est le bon copain que l'on aurait aimé avoir. C'est t'il d'ailleurs vanté d'être autre chose je ne pense pas.
Mais après tout,pouvez-vous me donner le nom du batteur actuel des Who ?

GAG !

BASSMAN a dit…

la critique de la production musicale de ringo Starr et l'évaluation de sa contribution à la musique populaire n'est pas un exercice si facile qu'on peut le croire ou se le permettre. Car la carrière de Ringo ne se limite pas à la période post-Beatles; aussi étrange que cela puisse paraitre Ringo Starr a été un des musiciens des Beatles et pas forcément par hasard. Avant de remplacer pete best (dont personne ne conteste la platitude de son oeuvre) Ringo était déjà un "succesfull drummer" et son embauche tardive coïncida avec le tournant de la carrière du groupe qui le fait passer du statut du groupe de copain de la région à celui de star nationale.
Et sauf à dire que Paul et John sont des imbéciles, je vous laisse seul juge,il me semble que ce fut un bon choix.
Passons sur le rôle fédérateur et démystificateur de la personnalité de Ringo qui , les témoignages l'attestent, contribua très largement à souder le groupe lors des tournées ou les errements (voyage en inde)psychédéliques; la contribution musicale du batteur des beatles n'est pas aussi anémique que les préjugés le laisse dire sauf a écouter les albums en stéréo et d'un seul coté...
Le style de Ringo apparait tardivement alors que les tournées s'arrètent, que les Beatles abandonnent la musique "de danse" et que le travail de studio permet l'utilisation de rhytmiques plus aérées soulignant la phrase mélodique de la basse plus que le cadre , la pulsation répétitive de la chanson.
les exemples sont nombreux : help, taxman, magical mystery tour, penny lane, tout l'album blanc....
la batterie n'est jamais sur-employée, un tom, la caisse claire.la grosse caisse est lointaine. le rythme est léger, aigu, fait d'une attaque franche; sans imposer une pulsation lourde et définitive la batterie de Ringo laisse s'exprimer les tablas et autres congas qui s'invitent sur les chansons des Beatles à partir de HELP. Plus tard la batterie créera les conditions du dialogue avec les merveilles mélodiques de la basse de MACCA.
malheureusement pour tous sauf pour eux même les beatles se sont séparés et il a fallu apprendre à chanter pour exister. Et ce que l'on a pardonné à George on ne la pas laissé passer à Ringo.
Oui Ringo chante des chansons faciles que tout le monde peut chanter à la fin du banquet sans briser les verres. A t il jamais menti en vendant autre chose que ça n'est ? non.
Personnellement je préfère quand il tape sur des peaux, mais je mentirai si je disais que je n'ai jamais pleuré de rire en chantant "las brisas" (rotogravure).
Ringo a tout de même un talent certains pour vous rendre la vie heureuse et facile et c'est pour celà qu'on a besoin de lui.