jeudi 11 octobre 2007

Charles Aznavour, fol orgueil, belle franchise

Mardi soir, première d’Aznavour au Palais des Congrès. On n’y croit pas, évidemment, à cette longévité, mais il prévient au bout d’un moment que, tant que la voix va, il continuera. Le micro tremble un peu dans la main, la justesse est parfois rétive (il cherchait le ton de l’Ave Maria avec un brin de nervosité, quand même) et il garde une ferveur crâne et finalement assez joyeuse. J’ai beaucoup aimé qu’après Pour faire une jam, il demande à son groupe de reprendre toute la chanson avec un tempo plus vif, un tempo de gamin des années 50 – un tempo sur lequel lui-même a un peu de mal à ne pas s’essouffler.
Surtout, surtout, surtout, il y avait J’abdiquerai, huitième chanson du concert et suite de Je m’voyais déjà – qu’il ne chante pas, d’ailleurs. J’abdiquerai est sans doute la couronne d’un 2 décembre 1804 qu’il se pose lui-même sur la tête, le long inventaire de ses adieux, chaque adieu étant une gloire d’une carrière de légende. Comment ne pas saluer le phénoménal orgueil de ces vers-là : « Et s’il me reste encore un beau spectacle à faire/Un bel enterrement flatterait mon ego »… Personne ne pourrait oser parler ainsi, sauf lui, entré au Panthéon de son vivant.
Quand je l’ai rencontré la semaine dernière, il avait un grand sourire sur le plaisir que lui fait la gêne de ses pairs devant cette chanson. Mais, enfin, quelqu’un a dit tout haut les plaisirs vaniteux de ce métier, a écarté les rideaux sur le rêve de se survivre.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Justesse rétive ? Il a chanté faux du début à la fin. Complètement à coté de la note. C'était épouvantable et épouvantablement génant. Il a massacré son répertoire. C'est un vieil homme de 83 ans qui ne peut plus chanter. Qui va enfin oser l'écrire ?

cc a dit…

Eh bien, c'est dommage. Aznavour avait une voix sublime en concert en 1987 et 1994.
Hier Trenet, aujourd'hui Salvador, Gréco ou Aznavour, demain les ex-"baby-boomers" Johnny, Sylvie et Eddy ... ou l'art difficile de savoir s'arrêter à temps.

http://leblogdecc.blogspot.com/

Michel a dit…

Je suis monté à Paris pour voir Charles Aznavour. Plus jamais. C'était HON-TEUX !!!! Plus de cent euros pour entendre un homme chevroter, c'est de l'abus de confiance.
L'âge n'est pas une excuse. Quand on ne peut plus le faire, on se retire.

Anonyme a dit…

c'est ce qu'il est en train de faire: ses adieux.
cc

Anonyme a dit…

Quel dommage ! Pour moi c'est toujours le plus grand. Mais je regrette d'avoir été à ce concert. Cela laisse un goût un peu amer.

Au revoir Monsieur Aznavour. On écoutera toujours vos disques !!

Anonyme a dit…

Il semble que vous soyez un expert dans ce domaine, vos remarques sont tres interessantes, merci.

- Daniel