lundi 27 août 2007

Shivaree et l’autoportrait par citations

J’ai toujours eu de l’affection pour Shivaree, ou plutôt Ambrosia Parsley, comme je pense la plupart de mes confrères. Une sorte de rockeuse américaine, qui a tant de choses en elle qui sont tellement européennes… A son tour, elle sort un disque de reprises, Tainted Love (sortie en novembre mais il est déjà disponible en import moins cher qu’il sera dans les bacs, sur amazon.fr). A son tour, elle joue à ce jeu de cartographie d’un univers musical : Michael Jackson pour le paradoxe et Good Night Irene pour l’enracinement (comment imaginer qu’elle ne connaisse pas la récente version de Tom Waits ?), un Gary Glitter et un Rick James, un Chuck Berry et un R. Kelly…
C’est réussi, évidemment. Peut-être moins radical que les reprises de Cat Power (Satisfaction sans refrain, encore plus pertinent que la reprise par Devo, on en rit encore), mais certainement plus personnel que le travail de Patti Smith. Et Tori Amos ? Et kd lang ? Et mille et mille albums de reprises en forme d’autoportrait par citations...
C’est justement ça l’histoire : j’ai l’impression qu’on est tellement perdu dans tous ces univers personnels (ça, on l’écrit souvent : « Tartemolle nous entraine dans son univers personnel ») que l’on a besoin de boussole. A force de descendre dans tant de singularités et de psychologies à part, on doit se sentir assez confus pour avoir besoin de repères. Les chansons personnelles d’auteur-compositeur-interprète peuvent séduire mais il n’est pas forcément facile de les situer sur le planisphère. Rien qu’Amy Winehouse, ça fait du boulot : est-ce la famille PJ Harvey, la famille Joss Stone, la famille François Hadji-Lazaro ? Alors, rien de tel qu’une bonne série de reprises. Chez Shivaree, il y a de la pop anglaise mais pas de crooners américains, un peu de torch song mais pas d’emprunt postmoderne à la dance music… On se sent rassuré, en connivence. Ou alors agacé, soudain froid. Finalement, c’est assez risqué. Shivaree, c'est réussi.

1 commentaire:

lyle a dit…

Belle critique.
J'aime pas Shivaree mais je serais très curieux d'écouter ces reprises...